Mes voisins ados - Steve Simard
Steve Simard

Avant tout père et mari attentif et prévenant pour ceux qu’il aime, je suis un homme qui se tient en équilibre entre le rêve et la réalité, épicurien, amateur de petits plaisirs, je vous raconterai ma vie comme on déguste un bon vin qui a pris de la valeur avec les années.

Mes voisins ados

Mes voisins ados - Steve Simard

On en apprend tous les jours. Surtout dans des domaines qui nous sont totalement étrangers. J’avais déménagé pour habiter dans un condo, au dernier étage. La voisine d’à côté était une femme qui avait deux adolescents, qui faisaient pas mal de bruits pendant les quelques heures de présence dans leur appartement. En dessous, les voisins aussi avaient plusieurs adolescents. Si ce n’était pas souvent agréable, c’était en tous les cas, bien vivant. Il était devenu rare que l’on puisse jouir de plus d’une minute de silence. La seule chose qui aurait pu m’arranger, c’était que tous les ados voulaient faire la grasse matinée le dimanche. J’aurais pu faire, moi aussi, quelque grasse matinée, si les parents ne passaient pas plusieurs heures à crier sur leurs enfants pour les faire sortir du lit. Cependant, il y avait quelque chose que je subissais de tous les adolescents depuis mon arrivée. Aucun d’eux ne me disait bonjour. Je finissais par apprendre par la voisine du dessous, qu’en fait, ils avaient tous squatté ce condo avant que je ne m’y installe. Ma présence leur avait supprimé leur espace vital. Ils semblaient avoir tous besoin de s’éloigner un peu de leurs parents.

Deux semaines après mon installation, je m’achetais un ordinateur et un laptop, et me faisait installer Internet chez moi. J’avais dans ma tête, trois ou quatre idées de création de sites Web relatifs à quelques hobbies, et à des choses un peu plus sérieuses. Je ne sais pourquoi, le lendemain, tous les ados du condo me faisaient un sourire et me saluaient. On aurait dit un film d’horreur où il fallait s’attendre au pire. En revenant chez moi, un des ados me demanda l’autorisation de faire quelques travaux sur mon PC. J’acceptais, sans trop me soucier de son savoir-faire dans ce domaine. J’apprenais un peu plus tard qu’il avait fait le nécessaire pour que tous les adolescents de l’immeuble puissent être connectés sur mon réseau. Avant de partir, sans gêne, il me disait tout simplement, comme si de rien n’était, qu’il avait fait quelques transformations sur les quatre sites Web que j’avais créés, et qu’il avait fait le nécessaire, connaissant le marketing web, pour que le référencement des sites se fasse naturellement pour qu’ils soient vus par le plus grand nombre de personnes. C’était du chinois pour moi à ce moment-là. En partant, il me fit un sourire beaucoup plus proche du rusé, que du reconnaissant. Je sentais bien que le coup de main qu’il venait de m’offrir allait me servir, mais qu’en même temps, j’avais intérêt à rester sur mes gardes. Quelle génération !