Ma femme, cette ex-caissière - Steve Simard
Steve Simard

Avant tout père et mari attentif et prévenant pour ceux qu’il aime, je suis un homme qui se tient en équilibre entre le rêve et la réalité, épicurien, amateur de petits plaisirs, je vous raconterai ma vie comme on déguste un bon vin qui a pris de la valeur avec les années.

Ma femme, cette ex-caissière

Ma femme, cette ex-caissière - Steve Simard

J’ai connu ma femme quand j’étais déjà dans la vie active. Je l’ai connue dans un supermarché, alors que je venais d’emménager. Elle était caissière et moi, encore célibataire et qui habitais seul dans un appartement, je faisais tous les samedis mes courses dans son lieu de travail. Comme je suis quelqu’un qui aime taquiner, je faisais en sorte de la faire rire à chaque fois que je passais. Et comme elle m’attirait, je faisais aussi en sorte de toujours passer à sa caisse. Un jour, alors qu’elle était la seule à la caisse, du fait qu’un planificateur financier était de passage et qu’il prenait en revue tous les caissiers du supermarché, ce jour-là, je la voyais tellement fatiguer, que je l’ai attendu à la sortie pour l’inviter à prendre un café, afin de relaxer. J’ai donc pris l’initiative de rester dans la voiture sur le parking pour l’attendre. Et vers 19 h, la voilà qui sortait. Je me suis avancé avec la voiture et je lui ai demandé si elle voulait bien que je la raccompagne. Après quelques secondes de réflexion, elle a accepté avec le sourire. J’ai fait en sorte de me montrer très gentil dans la voiture en faisant remarqué son état de fatigue et en l’invitant à prendre un bon café. Ce qui l’a ravi. Nous sommes donc allés prendre un café où elle m’a raconté que son travail était lassant. Elle m’a avoué que cela lui fatiguait, mais qu’elle en avait besoin pour continuer ses cours d’architecture à l’université. Ella m’a également fait le récit qu’il n’était pas rare qu’elle se faisait aborder par les gars qui faisaient la course dans le supermarché, mais qu’avec moi, c’était autre chose. Elle se relaxait quand j’arrivais, car j’avais le don de la faire rire. Mais ce n’était pas tout, durant ce petit moment qui a fini par un grand moment pour moi, elle m’a raconté toutes les péripéties qu’elle a en tant que caissière. Les soucis avec les vieilles dames qui ont des pertes de mémoire et qui demandent tout et n’importe quoi, les cris des enfants et des mères qui se disputent à la caisse, les périodes d’inventaires qui leur demandent des fois de rester jusqu’à minuit, et jusqu’à ce que le comptable général et le magasinier finissent leurs états financiers. Tout cela la fatiguait. Mais en bon gentleman, j’essayais de la consoler ce jour-là, et de lui redonner le sourire. Et en bon gentleman, 10 ans après, elle est devenue architecte, un job tout autant fatiguant que celui à la caisse, mais qu’elle apprécie. Et cette fois, je l’appuie comme la mère de mes enfants et j’essaie toujours de l’appuyer comme le bon mari que je suis.